Bienvenue

Nous sommes à Toronto au Canada ! !

Liens utiles

Top Sites

---

Discord

 

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Let our demons danse | Antarès

 :: ϟ Manoir :: Jardins
Ven 11 Mai 2018 - 0:04
ft.  Antarès Jarniven
Let our demons danse
Le froid court sur sa peau, parcourt son échine avec ténacité, caresse ses joues de son air piquant. Le voici qui enfonce davantage son bonnet sur sa tête, décidé à ne pas se laisser faire. Le Chili s’avère moins accueillant qu’il ne l’aurait pensé. La transition s’avère finalement rude, bien que l’hiver n’était pas terriblement chaud en Chine. Quant aux douze heures de décalage horaire dont il faut s’acclimater, il ne préfère pas y penser. Quelle heure peut-il être actuellement ? L’allemand ne le sait pas vraiment. Cela doit faire une grosse demi-heure qu’il a quitté la compagnie de son cousin, ce dernier ayant réussi à trouver le rythme, à se coucher à une heure du matin, alors que lui n’est pas encore capable d’en faire autant. N’ayant pas autant de montures à travailler, il ne se fatigue pas, pas même de toutes ces réflexions en ébullition dans un coin de sa tête. Ce nouveau quadrimestre l’inspire trop pour qu’il puisse oser laisser ses projets de côté.

Encore loin de sentir la fatigue peser sur ses paupières, le brun s’est décidé à prendre l’air à défaut de finir dans les bras de Morphée. Brisant ses habitudes, il vadrouille, feint de savoir où il va sans que ça ne soit vrai. Ce nouveau haras lui est encore inconnu, il a seulement jugé bon de se familiariser avec les paddocks et les écuries de propriétaire pour s’occuper correctement de Saint-Malo. Hongre qui, semble-t-il, ne se remet pas aussi facilement du voyage qu’il l’aurait pensé venant d’un ancien cheval de haut niveau. Comme quoi, les habitudes prises par l’organisme se perdent vite après plusieurs années d’arrêt. Inquiet dans le fond, plus qu’il ne veut bien l’avouer, Lothar le garde constamment dans un coin de son esprit. Lorsqu’il ne réfléchit pas au moyen de se jouer de Leny et de Katharina, il ne peut s’empêcher de s’assurer de l’état de santé de celui qui reprend très tranquillement sa carrière.

« C’est quoi ce pays ? » grommelle-t-il pour lui-même, alors qu’il frotte rigoureusement ses mains entre elles pour les réchauffer, s’interrompant un instant pour remonter le col de sa veste. Savante manœuvre que celle de se risquer dehors en pleine nuit sans prendre de gants. Tire une dernière fois sur la cigarette glissée au coin de ses lèvres, avant que sa fin ne sonne, qu’il ne se retrouve à l’écraser par terre puis d’en glisser le mégot dans sa poche, à défaut de vouloir trouver une poubelle. L’obscurité dominant sur les quelques faibles éclairages présents, il poireaute plus qu’il ne profite du jardin. De toute manière, les fleurs ne l’ont jamais réellement intéressé.

Ce n’est décidément pas son soir. Telle est la conclusion qui lui vient à l’esprit. Un sommeil absent, une humeur générale laissant toujours à désirer, ce froid plus emmerdant qu’autre chose. Et à présent, ce briquet qui rend l’âme, refusant de lui allumer une nouvelle cigarette. Un soupir lui échappe, alors que ses yeux roulent dans leurs orbites. Il ne manquait plus que ça. Alors décidé à rentrer, puisqu’il ne peut se passer de son addiction dans ces instants de solitude, il rebrousse chemin, vers le manoir. Ne regarde pas vraiment où il va, se contentant de savoir seulement où il met les pieds. Pourtant, une silhouette ne tarde pas à attirer son attention. Ne distinguant pas la personne dans cette pénombre, il ne se gêne pas pour autant pour l’approcher. « T’aurais un peu de feu ? » demande-t-il sans la moindre forme, n’en ayant cure de ce que cet autre pourra penser de lui. « Je suis en rade. » ajoute-t-il, sans trop savoir pourquoi. Pour une fois, côtoyer un camarade ne pourra peut-être pas lui faire de mal.

↞ ↞ ↞ ---- ↠ ↠ ↠


« It is not light that we need, but fire; it is not the gentle shower, but thunder. We need the storm, the whirlwind, and the earthquake. »
– Frederick Douglass
Revenir en haut Aller en bas
Lothar Aschenberner
Lothar Aschenberner
Lothar Aschenberner
Messages : 35
Date d'inscription : 30/01/2018
Age : 20

Fiche Cavalière
PE:
440/1000  (440/1000)
Aspiration:
Licence:
Lothar Aschenberner
Sam 12 Mai 2018 - 19:19
Let Our Demons Danse

ANTARES & LOTHAR


La capuche d'un sweat beaucoup trop large tiré sur son crâne, les yeux assombris par un étrange jeux d'ombre qui tendait presque à faire disparaître, l'espace d'un instant, le coquard bleu comète qui ornait sa paupière droite, il avançait sans réel but. Le froid mordant brûlait ses lèvres dont les cicatrices semblaient enfin en voie de guérison. Le changement de pays avait été tout aussi bénéfique que négatif. Depuis son arrivée en Amérique, ses phalanges avaient recouvrées une couleur normale, la petite baie perturbée par le voyage semblaient retrouver des instincts plus que sauvage qu'auparavant et avait beaucoup de mal à s'habituer au nouvel air du pays. Quand à Lucky, il ne semblait pas réellement ravi de retrouver le sol américain,errant tel un fantôme, Antarès ne l'avait réellement aperçu qu'une ou deux fois sur les toits en proie à une nostalgie qu'il ne lui connaissait pas.

Antarès dépourvu de ses deux plus fidèles alliés se retrouvait alors seul, dans ci silence et cette solitude qu'il avait appris à apprécié. Il se laissa aller à explorer chaque recoins de ce nouveau haras dont il connaissait déjà la plupart des facettes. Fondu dans son élément, presque habillé d'une image de nyctalope longuement travaillée par les longues nuits d'insomnies qui venaient bordés ses yeux d'un écrin noir ou violet. Larges cernes marquant encore les tracas qui tourmentaient le pauvre cerveau du brun dont les pensées vagabondaient encore. Ecstasy ne se faisait pas à ce monde empli de voyage et de compétitions et Upsilon ne donnait plus aucun signe de vie. Jamais il n'aurait du s'en formaliser, et pourtant, elle restait dans un coin de son esprit, tourmentant parfois quelques cauchemars lors de ces courtes nuits de sommeils encore lucides.

Ce soir ne manquait pas à la règle, combinant le décalage horaire que lui conférait ce pays loin de sa petite italie natale et une journée emplie de tourments, il se retrouvait encore à errer aux quatre coins de l'académie, laissant ce corps qu'il trouvait jadis si frêle en proie au froid mordant de l'air américain. Se glissant dans l'ombre, avec, pour seule trace de son passage, le bruit de ses vieilles baskets de traînant lamentablement sur le sol encore irrégulier de quelques chemins de terres et de graviers, il s'aventura au milieu des écuries, gagnant l'un des boxes les plus éloignées. Parcourant des yeux les âmes tranquillement endormies ou mâchonnantes, purs stéréotype d'un cheval qui entrait parfaitement dans le moule. Fin selles français aux oreilles nerveuses, massifs chevaux de dressage ibériques ou anglo arabes élancées prêt à affronter une bombe si celle ci se trouvait sur leur passages.
Puis au fond de cette écurie, isolée comme la paria qu'il était, il retrouva les lignes tracées aux couteaux de sa petite jument aux hanches échancrées et aux côtes apparentes, ses cicatrices et ses défauts ressortant dans un drôle de jeu de lumière que vomissait un de ces néons poussiéreux et grésillant. Elle était toujours debout, les oreilles oscillantes, et les yeux fixés sur un point qui lui était invisible. Il la laissa en paix, rassuré par son état qui semblait plutôt paisible en cette heure tardive. Le brun s'effaça sans bruit, retrouvant l'air frais, les étoiles et la nuit sombre, traversant les longues allées pavés, avançant avec une assurance déconcertante, se jouant des imperfections de la route sans réels soucis.

Peu enclin à retrouver le draps rugueux et l'ambiance oppressante de la petite chambre, il fit halte dans le parc, tirant une petite boite en aluminium de sa poche avant de commencer à rouler presque machinalement, dans un geste rompu par l'habitude. Il effrita doucement le bloc d'herbe à la senteur amer si caractéristique, maudissant encore Lucky de lui avoir fourni le nécessaire alors qu'il s'efforçait chaque jour d'arrêter pour tenter de lutter contre son psychisme dérangé. La première latte lui fit rapidement oublier tous les grommellements qui se bousculait dans son esprit. Il s'imprégna du silence, amoureux de sa cigarette et de sa connotation tragique, belle combinaison quand les deux fumées se mariaient dans l'air, priver son cœur de ces odeurs était comme le faire partir en guerre. Doucement la drogue si douce s'insinua dans ses synapses déjà ravagé par quelques vieilles overdoses. En vain, il tenta encore de ressentir les doux effets qui ne firent qu'embrumer sa vue et tourner sa tête. Purement physiques, il chercha encore, dans un infime instant d'espoir, ce petit moment de bonheur planant que ses rouleaux de cancers mêlés d'herbes aux douces vertus avaient pu lui procurer.

Le mégot vint s'écraser au sol alors que l'homme profitait du silence, observant les étoiles. Là haut, Tape à l'Oeil et Victor devait le couver d'un regard méprisant, il chercha à repérer Orion, laissant son coeur se serrer à ses tristes pensées. Cherchant à augmenter encore les effets du précédent sticks il alluma une cigarette, jouant à insuffler un souffle de vie aux neurones nécrosées dont les récepteurs ne répondaient -ironiquement- plus de rien. L'oreille à l'affut, il entendit des bruits de pas réguliers et un souffle qui semblait bien peu habitué aux froides températures de cette nuit. Le croissant d'une lune qui déclinait peu à peu conférait à l'atmosphère un éclairage plus que douteux mais approchant alors, l'homme qu'il espéra secrètement être Lucky se révéla tout autre.

Une lumière à détecteur de mouvement s'alluma alors, lui laissant observer un visage dont les traits lui était étrangement familier. Un des colocataires selon ses bons souvenirs. Il espéra le voir passer son chemin et pourtant comme il y avait des centaines de façons d'obtenir le silence, il y avait des millions de façons de le briser. Cet homme là choisis les mots, Antarès lui se décida pour un soupir. Un long soupir exhalant toute l'incompassion, la fumée de tabac et un semblant d'exaspération face à ce dérangement impromptu. Mais puisqu'il était entré dans son cercle silencieux pour en écraser les lois, le brun se munit d'un étrange sourire narquois longuement travaillé mais très facilement distinguable comme dépourvue de réelles émotions :
- Et qu'est ce que j'y gagne ?

De l'assurance et du cran, voilà ce qu'il cherchait chez cet inconnu aux drôles de boucles brunes. Jouant avec le briquet qui tournoyait entre ses doigts de manière provocatrice il se souvint alors des paroles que Lucky lui avait répété : "Sociabiliser te ferait pas de mal".  Ce à quoi il avait répondu par un ostensible roulement d'yeux. Mais pourquoi pas après tout ?


(c) Madouce sur Epicode


Désolé pour l'orthographe j'ai pas relu ^^

↞ ↞ ↞ ---- ↠ ↠ ↠


A vouloir trop ressentir, on ne ressent plus
“Les destin n'est pas une question de chance, c'est une question de choix” — @Shiya.
Revenir en haut Aller en bas
Antarès Jarniven
Antarès Jarniven
Antarès Jarniven
Messages : 10
Date d'inscription : 03/03/2018
Age : 19

Fiche Cavalière
PE:
0/1000  (0/1000)
Aspiration:
Licence:
Antarès Jarniven
Lun 14 Mai 2018 - 0:29
ft.  Antarès Jarniven
Let our demons danse
Il aurait pu choisir de rentrer rejoindre sa chambre, de chercher le sommeil dans la contemplation d’un plafond attristé par la singulière lumière lunaire. Il aurait pu choisir d’en profiter pour tenter de lutter contre la dépendance, pour une fois, ce qui ne lui aurait guère fait de mal. Au contraire, il sait pertinemment qu’il ne pourra pas continuer longtemps à ce rythme, qu’il lui faudra nécessairement ralentir un jour. Il l’a constaté, ses footings avec Saint-Malo suffisent à lui faire comprendre qu’il n’est pas en condition pour reprendre une monte aussi régulière qu’en Irlande, où il passait le plus clair de son temps en selle, ne pouvant s’accorder que peu de pauses clope. Les choses sont différentes, à présent. Ce ne sont pas les quelques coups de main qu’il donne à l’irlandais pour bosser ses montures sur le plat et sur les barres qui vont lui faire grand-chose. Mais si ses projets à venir se concrétisent dans les temps qu’il a prévu, il n’a plus tant de temps devant lui pour changer ses habitudes. Il se prendra une claque dans la gueule, il le sait. Le manque de condition pulmonaire risque de lui jouer des tours à un moment ou à un autre.

Pourtant, il n’en fait rien. Gère mieux la forme physique de son cheval et celle de ceux des autres que la sienne. Préfère accoster un type qu’il ne connaît pas, en pleine nuit, plutôt qu’écouter ce semblant d’ange posté sur son épaule. Il n’est pas ainsi, Lothar. La voix du démon lui est bien plus enjôleuse, et il cède volontiers à son appel. Parce qu’il n’en a cure, du bien. Parce qu’il n’en a cure, de l’avis des autres. Parce qu’il sait que pour arriver à ses fins, il faudra bien être détesté un jour ou l’autre. Et qu’il n’y a nul autre commencement que celui de se haïr soi-même pour ses échecs, pour ses décisions immorales, pour son comportement qu’il paiera plus tard. En toute bonne conscience, il va contre ses habitudes. Préfère se dégoûter lui-même d’aller vers autrui pour un peu de feu que de l’idée même de céder à la tentation, de donner satisfaction à ses démons. Démons avec lesquels il danse volontiers, jusqu’au bout de la nuit s’il en est d’humeur. Ceux-ci sont de loin les meilleurs compagnons qu’il ait jamais trouvé pour lâcher prise, s’évader alors que tout allait mal. Pourquoi vouloir les refouler lorsque tout semble aller pour le mieux ? Il leur ouvre grand les bras s’ils le désirent.

Son manque d’affection pour ses semblables est pourtant moins lointain qu’il ne se laisse le croire. Ce besoin de se détacher des autres n’est né que pendant son adolescence et ses débuts d’adulte, alors qu’il se rendait compte à deux reprises combien les liens pouvaient faire mal. Subtile tentative de se défiler, d’échapper à tout cela, que ça ne se reproduise pas. Aidée d’une certaine arrogance qui l’a toujours habité, le changement s’est fait naturellement, appuyé par les relations patriarcales se corsant. Tant de circonstances réunies pour le pousser en Enfer, ou plutôt le décider à y plonger volontairement. Dans le fond, il sait néanmoins qu’il a encore des faiblesses. Il ne peut l’ignorer, d’autant plus lorsque deux épines sont plantées dans ses pieds. Irlandais et danoise qui partagent son quotidien, lui rappelant régulièrement combien son manège ne tient qu’au fil de sa détermination. Qu’à peine il trébuchera, il ne pourra pas se rattraper. Il est dangereux de jouer avec le Diable, il le sait, mais il s’y risque. Il pourrait y gagner tellement, que le jeu en vaut la chandelle.

Si cet autre entrera peu à peu dans son jeu, il l’ignore et s’en fiche éperdument. À première vue, il pencherait pour le non. Il a assez à tirer de ses deux souffre-douleurs quotidien, pourquoi s’encombrer d’un de plus ? D’autant plus qu’il ne connaît pas ce type, du moins devrait le connaître mais n’a pas daigné tenter de le faire. Reconnaître ses colocataires, trop peu pour sa personne. Tout au plus, il leur accorde le privilège de ne pas avoir à subir sa mauvaise humeur, ce qui, en soi, est déjà un bel effort de sa part. Trop préoccupé par la torture quotidienne des nerfs de son cousin, il n’a pas de temps à leur accorder pour le moment. Et qui qu’il soit, l’homme sous sa capuche ne lui prendra pas une trop grande quantité de son temps. Tout au plus cinq minutes, s’il daigne feindre quelques paroles de politesse, un bref échange cordial, rien de plus. Mais l’autre ne semble pas de son avis, le défi de son sourire malicieux. L’allemand hausse un sourcil, plante ses yeux dans les siens, ignorant la provocation de ces doigts sur le tant envié briquet. Sérieusement ? N’en est-il donc rien de cette prétendue solidarité entre fumeurs ?

Fourre sa main libre dans une poche, tandis que l’autre ne lâche pas sa meurtrière. Crache quelques mots sans avoir à réfléchir bien longtemps à la question. « T’y perdrais quoi surtout ? » Dix secondes et un poil de gaz. Ça n’a encore tué personne, à sa connaissance. « Tu veux que je te lèche les pompes peut-être ? Ou que j’en t’en sois redevable pour cent ans ? » Des mots qui sortent naturellement, sans agressivité, bien trop délicat qu’il est pour attaquer aussi rapidement, pour foncer dans le mur tête baissée. Ce n’est pas son genre, non. Il ne va pas s’agacer pour si peu, pas encore, tout comme il ne va pas se laisser déstabiliser par une telle réponse. Répond à l’interrogation par le même procédé, rien de mieux que de renvoyer la flèche à son envoyeur.

↞ ↞ ↞ ---- ↠ ↠ ↠


« It is not light that we need, but fire; it is not the gentle shower, but thunder. We need the storm, the whirlwind, and the earthquake. »
– Frederick Douglass
Revenir en haut Aller en bas
Lothar Aschenberner
Lothar Aschenberner
Lothar Aschenberner
Messages : 35
Date d'inscription : 30/01/2018
Age : 20

Fiche Cavalière
PE:
440/1000  (440/1000)
Aspiration:
Licence:
Lothar Aschenberner
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Page 1 sur 1
Sauter vers: